Déchets électroniques : le paradoxe africain

Paradoxalement c'est en Afrique que la production de déchets électroniques est la moins élevée, mais c'est là où on y trouve d’énormes accumulations. La production est de 500 grammes par habitant par an, dans des pays comme le Niger, le Mozambique ou l'Éthiopie. Malheureusement, de nombreux pays européens continuent d'y exporter leurs équipements électroniques défectueux malgré la Convention de Bâle de 1992 et beaucoup de ces équipements se retrouvent dans les décharges à ciel ouvert.


Décharge d'Afrique - Photo : Andrew McConnell - site internet


Qu’est-ce que la convention de Bâle ?

La convention de Bâle interdit, depuis sa mise en vigueur en 1992, l'exportation de déchets dangereux d'un pays vers un autre, à l’exception de ceux qui peuvent être réutilisés ou réparés. Malgré cela, des pays européens continuent d'exporter vers l'Afrique et aussi l'Asie. Le subterfuge pour contourner cette législation et éviter ainsi le coût de la dépollution, est de présenter les équipements défaillants comme des appareils d'occasion.


Le drame des décharges à ciel ouvert : Agbogbloshie au Ghana

Au Ghana, le gouvernement essaye depuis 20 ans de trouver des solutions pour faire face à cet énorme défi économique et environnemental. Agbogbloshie est symbolique de cette situation et c’est aussi l’une des plus grandes décharges à ciel ouvert au monde.

Des problématiques identifiées et complexes

Il y a ’'Confusion’’ sur le statut des produits. Les importateurs mélangent produits réparables et inutilisables, pour obtenir des prix avantageux. Ainsi 80% des produits électroniques envoyés au Ghana sont normalement du matériel destiné aux marchés de l'occasion, mais une bonne partie inutilisable se retrouve dans des décharges à ciel ouvert pour être démontée et brûlée. Le gouvernement du Ghana fait du traitement des déchets une priorité. En effet, 170 000 tonnes de déchets d'objets électroniques sont générées chaque année au Ghana. À Agbogbloshie, dans la banlieue d'Accra, la capitale du Ghana 40 000 à 50 000 tonnes sont déversées sur près de 10 km, selon le journal "Libération".

Recyclage coûteux

L'un des prétextes pour justifier cette situation est que ces produits permettraient d’alimenter le marché de l'occasion est très important en Afrique, où une majorité de la population n'a pas les moyens d’acheter du matériel neuf, explique le site VIE, environnement Afrique. Cependant, le motif demeure que le recyclage est trop coûteux au regard des normes environnementales occidentales.
Un autre problème vient se rajouter. Certains observateurs estiment que le marché informel du traitement des déchets est tenu par des mafias locales. Ce point est expliqué par le média français France 5 dans son reportage "Le monde en face. déchets électroniques, le grand détournement".


Top peu de prise de conscience des entreprises

Malheureusement, une grande partie d’organismes publics et d’entreprises ne se préoccupe pas ou trop peu du devenir de leurs déchets. Ainsi, des parcs informatiques sont renouvelés avec les fabricants en échange de la reprise de l’ancien matériel, mais sans garantie d’un bon recyclage ou de reconditionnement. Heureusement, certaines sociétés plus consciencieuses prennent en charge la gestion de leurs déchets et recyclent la moitié de leurs appareils.

Mais qu'est ce que je peux y faire ?


Ce qui se passe en Afrique peut nous paraitre tellement loin, que l'on pourrait se sentir difficilement concerné. Hors il s'agit dans la majeure partie du temps de déchets occidentaux, autrement dit nos déchets, que l'on soit en Europe, en Amérique du Nord ou ailleurs. Il serait tentant de se déresponsabiliser en considérant que ce sont aux entreprises ou encore aux institutions de faire le nécessaire.

Photo : Shirley Hirst - Pixabay

Individuellement on peut agir concrètement en évitant de jeter prématurément nos produits électroniques en leur donnant une seconde vie. Par exemple en offrant notre ordi usagé mais fonctionnel a un ami, a un organisme. Dans le pire des cas si notre gadget électronique a rendu l’âme il est indispensable de le recycler adéquatement en le rapportant dans les contenants appropriés ou dans les centres de recyclage. Cela peut paraitre insignifiant face a l'ampleur du problème.

Toutefois c'est en menant ensemble des actions en conscience respectueuses du vivant que nous viendront à bout de ce drame environnemental et humain. Autrement dit l'implication doit venir autant des institutions gouvernementales, des entreprises que des particuliers. En effet c'est avec une multitude de goutes d'eau que l'on fait un océan (sans déchets).

Un autre article intéressant à lire sur les déchets électroniques au Ghana paru dans le média québécois La Presse.


Franck - Micro Recyc


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